Les Dispositifs de Mines Permanents dans la Ligne Maginot


Les Dispositifs de Mines Permanents dans la Ligne Maginot :

D'une manière générale, les destructions doivent se faire rapidement en cas de situation défavorable, mais le plus tard possible puisque la voie doit rester disponible pour une éventuelle offensive alliée. Il Est donc appréciable de construire les dispositifs à l'avance. Ainsi, en cas de nécessité, il ne reste plus qu'à les charger d'explosifs, les bourrer et les mettre à feu pour réaliser la destruction.

On retrouve ces dispositifs de mines dits permanents (abrégés par DMP) au moins depuis le 19è siècle, mais ils ne seront généralisés que peu avant la première guerre mondiale. On les retrouve donc en toute logique dans la Ligne Maginot.

J'ai pu retrouver quelques uns de ces dispositifs dans les Vosges du nord. Ils faisaient partie d'un vaste programme de destruction qui, associé à d'autres dispositifs de mines, avait pour objectif de couper toutes les routes du Secteur Fortifié des Vosges (12). Rien que dans le nord de l'Alsace, il pouvait y en avoir plus d'une centaine.

Les dispositifs ci-dessous ont l'avantage d'être visibles et d'être sur des routes de faible affluence. Celle du Bois-de-Goersdorf se trouve même sur un chemin forestier interdit à la circulation motorisée. Les dispositifs de la vallée du Rothenbach se trouvent sur le passage du tout nouveau sentier du Club Vosgien et mériteraient une sécurisation pour les usagers de la route, et éventuellement leur balisage sur le sentier.

SCHOEN Antoine


Notes

(1) Henri Hiegel, La drôle de guerre en Moselle, tome.2, p. 286.

(2) Roger Bruge, Offensive sur le Rhin, p.60-61

(3) Les troupes ne connaissant pas le territoire risquent d'encombrer les routes, de s'égarer dans de mauvaises directions.

(4) À ce jour, sur la dizaine d'emplacements de destruction que j'ai pu retrouver dans les Vosges du Nord, près de la moitié sont de cette catégorie.

(5) On l'appelle rameau lorsqu'il Est horizontal.

(6) Alors que dans les dispositifs des galeries d'ouvrages Maginot, l'axe Est horizontal.

(7) Les destructions retrouvées permettent des Estimations de 50 à 100 mètres de longueur pour au moins 2 mètres de profondeur.

(8) Destruction par charge superficielle.

(9) Bruge, Offensive sur le Rhin p.61.

(10) Seul l'étain n'est pas attaqué par la mélinite qui Est un acide.

(11) Une simple flamme peut également suffire.

(12) Jean-Bernard Wahl, 200 km de béton et d'acier, p.68

(13) La différence entre les deux capacités souligne le fait qu'il fallait plus d'explosif progressif pour obtenir le même entonnoir que celui réalisé par un explosif brisant.

(14) A noter qu'une photographie de ce dispositif a été Est publiée dans la brochure de la Casemate Dambach éditée par le Parc Naturel des Vosges du Nord (Christian Wackerman et Benoît Heinrich, Dambach Neunhoffen, circuit de découverte, Ligne Maginot, Vallée du Schwarzbach).

(15) Carte renseignée militaire au 1/50.000 de Lembach datée de 1939 (Reproduction couleur, Jean-Bernard Wahl, 200 km de béton et d'acier, Archives AALMA)


Sources principales

- École d'application d'artillerie, cours de constructions, routes et terrassement, 1947.

- Ministère de la défense nationale , Manuel d'explosifs et destructions, 1954

- Ministère de la guerre, École de Mines, Paris, imprimerie nationale, 1982

- Ministère de la guerre, Vade-Mecum de l'officier subalterne du génie, sapeur-mineur, Paris, imprimerie nationale, 1936

- Jean-Bernard Wahl, 200 km de béton et d'acier, 1987 Éditions du Rhin.



- Rerour