Les tourelles cuirassées


1888
Expériences du camp de Chalons. Suite à cette crise de l’obus torpille, il s’avéra nécessaire de tester à nouveau la résistance des cuirassements existants. Une tourelle Mougin type Cotroceni améliorée fut soumise à des tirs expérimentaux. Sa cuirasse était une calotte de 25 cm en fer laminé d’un diamètre de 6 m. Le vingt-neuvième obus de 155 mm la perça. Elle fut néanmoins réparée et installée dans un des forts de Toul.


De cette expérimentation il était apparu que la meilleure solution consistait en une tourelle éclipsable. D’autant plus que parallèlement aux essais sur les anciens matériels on testait un nouveau modèle de tourelle proposé par le lieutenant-colonel Bussière. Celui-ci avait conçu une tourelle éclipsable dont le mouvement d’éclipse était obtenu à l’aide d’une presse hydraulique dont l’action était combinée avec celle d’un contrepoids de 68 tonnes. Le tout était actionné par une machine à vapeur de 7 cv.


Cette tourelle dont la partie mobile pesait 184 tonnes fut construite par la société Fives-Lille. Elle abritait deux pièces de 155 mm. La toiture était formée de 2 demi-disques de 24 cm d’épaisseur et la muraille se composait de 3 voussoirs de métal mixte de 45 cm. L’unique exemplaire fut installé en 1890-91 à Verdun, à l’extérieur du fort de Souville. Elle put tirer 5OO à 6OO coups pendant la bataille du 24 février au 16 mars 1916. Des avaries sérieuses interdirent ensuite la poursuite du tir et la tourelle ne fut plus utilisée que pour abriter un poste de commandement.




Ce modèle unique est toujours visible à Verdun actuellement, où elle demeure en relativement bon état. Pour mémoire citons encore deux projets français contemporains de la tourelle Bussière :

- LA TOURELLE OSCILLANTE MOUGIN : Mougin avait conçu une tourelle oscillante pivotant autour d’un axe horizontal qui permettait de démasquer les embrasures seulement au départ du coup. La société St Chamond en réalisa néanmoins un exemplaire armé de deux canons de 15O mm qui fut d’ailleurs placé dans un fort de Bucarest.

- LA TOURELLE SOURIAU : Le lieutenant-colonel Souriau proposa un projet de tourelle où le mouvement d’éclipse était obtenu à l’aide d’un énorme flotteur de tôle placé dans un puits à eau en maçonnerie recouverte de tôle zinguée. Schneider en fournirait le blindage. mais le projet ne fut pas retenu car la moindre fissure du réservoir d’eau risquait d’en interrompre le fonctionnement.



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