Dès la fin de la Première Guerre Mondiale, se pose la question de la défense de la France car personne ne doute que celle-ci sera à nouveau en conflit avec l'un ou l'autre de ses pays limitrophes, principalement avec l'Allemagne.

Aux idées offensives du maréchal Foch s'opposent celles de Joffre et de Pétain, partisans de fronts fortifiés continus et puissants.

En 1925, sous le ministère de Paul Painlevé, la Commission de Défense des Frontières va définir le tracé de la ligne fortifiée, en poser les principes techniques et établir un premier devis.

Le 14 janvier 1930, le ministre de la Guerre, André Maginot, fait voter (avec 90 % des voix) un programme de cinq ans pour la construction d'ouvrages défensifs devant protéger la frontière Nord-Est et celle des Alpes. Le coût de ce programme est alors de 2,9 milliards de francs de l'époque. Sur ce, est créée la Commission d'Organisation des Régions Fortifiées (CORF), qui, sous l'impulsion du général Belhague, fixera les moyens à mettre en oeuvre et veillera à la coordination des travaux.

En 1935 (après l'arrivée au pouvoir d'Hitler et les revendications de Mussolini), des crédits supplémentaires sont alloués pour tenter de couvrir toute la frontière, mais ces constructions dites "des nouveaux fronts" n'auront ni la valeur, ni l'efficacité des premiers ouvrages.

On construira au total 44 gros ouvrages d'artillerie, 62 ouvrages moyens d'infanterie, 365 casemates, 17 observatoires, 89 abris d'intervalle, plus de 150 tourelles de tous types, plusieurs milliers de petits blockhaus légers et toute l'infrastructure arrière : voies ferrées, casernements, routes militaires, postes de commandement, réseau téléphonique enterré...

La plus grande partie sera édifiée entre 1930 et 1935, mais les travaux se poursuivront, dans une moindre mesure, jusqu'en 1940.


- Suite, les causes politiques de la défaite de 1940